Le secteur primaire de l’économie guinéenne est largement occupé par la couche féminine. Dans les différentes régions du pays, elles sont nombreuses ces femmes qui contribuent au développement de la nation en faisant l’agriculture. Toutefois, il n’y a pas une visibilité sur elles et rencontrent assez de difficultés pour joindre les deux bouts.

A Labé, les femmes se donnent d’arrache-pied pour travailler la terre, mais l’aspect traditionnel et le manque d’accompagnement freinent cette activité, comme l’explique Mme Camara Hawa Abou coordinatrice de AGRIFARM une organisation qui évolue dans de grands projets agricoles à dimension nationale. « Même si les femmes sont présentes dans l’agriculture mais sont peu visibles alors que ce sont elles qui s’occupent de beaucoup de choses à la maison mais en terme de prévisibilité elles sont peu visibles » a entamé dame Camara.

Tout porte à croire que des facteurs majeurs rentrent en jeu empêchant la femme guinéenne de s’illustrer dans l’agriculture. Plus loin la coordinatrice nationale égrène quelques causes « pour parler agriculture il faut trouver où faire l’agriculture, la tradition dit que la terre appartient aux hommes dans les familles quand on parle d’héritage on parle des hommes avant les femmes, donc cette marginalisation fait que les femmes s’intéressent très peu à la terre. Elles n’ont pas accès aux fonciers et sont considérées comme une couche vulnérable, elles n’ont pas accès aux ressources financières qui peuvent les aider à développer leur agriculture, ces difficultés sont d’ordre sociale mais aussi financière, elles n’ont pas accès aux intrants, aux semences, les femmes sont aussi considérées à rester à la maison c’est ce qui freine notre société » liste-t-elle.

Il est incontestable que la couche féminine s’affirme dans le secteur tertiaire comme le commerce que celui primaire comme l’agriculture, la pêche et l’élevage. Notre interlocutrice ne juge pas cette situation mauvaise mais, encourage les femmes à ne pas favoriser la commercialisation au détriment de la production « pour la femme le marché est un lieu de rencontre pour elles contrairement aux champs, c’est pourquoi elles sont plus nombreuses aux marchés. C’est des faits réels, ce n’est pas mauvais que les femmes se retrouvent dans les marchés, il faut que ça soit équilibré dans le domaine de la production mais aussi de commercialisation que pour la transformation. Il faut que leurs capacités soient renforcées à travers les techniques culturales, à travers des accompagnements en terme d’intrants, à travers des aménagements des plaines et aussi des bas-fonds afin que leurs productivités soient améliorées » suggère-t-elle.

Le manque d’un lieu de vente, la fixation d’un prix raisonnable et des problèmes de multiplication des produits sont aussi des difficultés annexes que sont confrontées ces femmes du pays.

About Author

admin

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Résoudre : *
26 − 10 =